Culture : 100 ans de diplomatie au château de Rambouillet

Avec l’ouverture pour la première fois au public de l’appartement présidentiel et l’inauguration d’un parcours inédit de visite consacré à « 100 ans de diplomatie à Rambouillet », le château dévoilera aux visiteurs dans quelques semaines un nouveau chapitre de son histoire. Celle d’un lieu unique, successivement résidence royale, impériale puis présidentielle, devenue au fil du temps un véritable théâtre des relations internationales.

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Depuis 2018, date à laquelle l’Élysée a mis fin au statut de résidence présidentielle du château de Rambouillet, le Centre des monuments nationaux – désormais gestionnaire des lieux – poursuit un vaste projet de valorisation du site. Avec un objectif : ouvrir progressivement les espaces jusque-là inaccessibles au grand public. Permettant par là même aux visiteurs de découvrir tant la richesse que la singularité de ces lieux.

L’appartement présidentiel de Valéry Giscard d’Estaing dévoilé

Après la restauration de l’appartement de Napoléon Ier ainsi que l’ouverture des chambres d’invités présidentielles et de la salle des marbres remeublée en 2023, c’est au tour de l’appartement présidentiel d’être présenté au public d’ici quelques semaines. En collaboration avec le Mobilier national, le Centre des monuments nationaux a choisi de conserver l’aménagement voulu par Valéry Giscard d’Estaing en 1975, année d’importants changements en vue de l’accueil du premier G6. Antichambres, chambres, boudoir, salles de bains, office et grande galerie témoignent du goût du couple présidentiel pour une élégance classique mêlant mobilier historique, confort moderne et raffinement à la française.

Les visiteurs pourront aussi retrouver la dimension intime des lieux grâce au concours de la Fondation Valéry Giscard d’Estaing. Téléphones d’époque, livres, objets du quotidien et archives audiovisuelles redonnent vie au quotidien les lieux. Des témoignages sonores inédits permettent notamment d’entendre Louis Giscard d’Estaing évoquer ses souvenirs rambolitains ou Jean-David Levitte raconter l’organisation du G6.

Un nouveau parcours de visite du château…

Car derrière l’intimité des séjours présidentiels se dessine une autre histoire, plus vaste encore ; celle d’un ancien manoir fortifié, résidence présidentielle à partir de 1895, devenu, au fil du XXe siècle, un véritable théâtre de la diplomatie internationale. Très vite, les présidents de la République y développent un art de recevoir où protocole, discrétion et convivialité se conjuguent au service de la diplomatie française. Des chefs d’État du monde entier y sont accueillis, des négociations majeures s’y tiennent et les jardins comme les salons deviennent les témoins privilégiés de rencontres qui ont marqué le XXe siècle.

Du Conseil suprême des Alliés après la Première Guerre mondiale aux négociations sur le Kosovo en 1999, en passant évidemment par le premier G6 dont on a récemment commémoré le 50e anniversaire (cf RI 343) : le nouveau parcours de visite retrace cette histoire à travers plus de 130 rencontres diplomatiques identifiées après deux années de recherches menées avec les Archives nationales et les archives diplomatiques.

Pensé comme une succession de « period rooms », il montre comment le château s’est progressivement adapté aux usages diplomatiques et plonge le visiteur dans l’atmosphère feutrée des grandes rencontres internationales grâce à un important travail de scénographie confié à une chef décoratrice de cinéma.

… véritable laboratoire de l’art diplomatique français

Le parcours met également en lumière les multiples visages de cette diplomatie « à la française ». Dans la salle des Marbres, transformée sous la Ve République en salle de réunion ultramoderne, se tiennent les grandes concertations internationales. Dans les salons, les discussions se prolongent « au coin du feu », au milieu des tapisseries et du mobilier soigneusement sélectionnés par le Mobilier national.

La gastronomie, les arts de la table et les bouquets réalisés dans les serres du domaine participent eux aussi à cet art de recevoir. Les visiteurs découvrent comment les présidents utilisaient la cuisine française, la porcelaine de Sèvres ou les cristaux pour affirmer le prestige culturel du pays. Autre tradition emblématique : les chasses présidentielles. Instituées sous la IIIe République, elles permettaient de recevoir chefs d’État et ambassadeurs dans une atmosphère plus informelle. Maintenues jusqu’en 1995 sous la présidence de Jacques Chirac, elles ont longtemps constitué un puissant outil diplomatique.

Ce nouveau parcours de visite augmenté de 250 m2 est complété par un journal de bord de 25 pages permettant d’accompagner la visite du public et de suivre pas à pas les temps forts qui ont fait du château un instrument discret mais essentiel de la diplomatie française. À ce titre, le monument a d’ailleurs été distingué en avril, du label « Patrimoine et diplomatie ». Lancé récemment par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ce dernier permet d’identifier et de valoriser les lieux ayant joué un rôle majeur dans l’histoire diplomatique française.